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Grossesse et Licenciement
Il est interdit à l'employeur de résilier le contrat de travail pendant
:
- la période d'état de grossesse médicalement constaté jusqu'à la
date de suspension du contrat de travail , c'est à dire de
l'annonce de la grossesse au début du congé maternité;
- la période de suspension du contrat (= le congé de maternité)
à laquelle la salariée a droit avant et après l'accouchement ou en
cas d'adoption. Peu importe que l'intéressée n'use pas de son droit
à suspension ;
- quatre semaines suivant l'expiration de la période de suspension.
Le licenciement intervenant au cours de ces périodes est annulé
Si, dans un délai de 15 jours à compter de sa notification, la salariée
envoie à son employeur, par lettre recommandée avec demande d'avis de
réception, un certificat médical justifiant qu'elle est en état de grossesse
ou, en cas d'adoption, une attestation délivrée par le service départemental
d'aide sociale à l'enfance ou l'oeuvre d'adoption autorisée qui a procédé
au placement, attestation justifiant l'arrivée de l'enfant dans les
15 jours.
Le licenciement notifié pendant le congé de maternité
est nul même si l'employeur justifie d'une faute grave de l'intéressée
et a précisé qu'il ne prendrait effet qu'à l'issue du congé (Cass.
soc. 10-5-1995 n° 1996).
Il est donc nécessaire de n'envoyer la lettre recommandée
notifiant le licenciement qu'après la fin du congé maternité
Le licenciement est en revanche possible
- pour suppression d'emploi suite à une réorganisation des services
(Cass. soc. 25-6-1975 n° 74-11.723),
- à la fermeture de l'établissement en raison de difficultés économiques
(Cass. soc. 4-10-1995 n° 3463),
- à une compression générale de personnel (Cass.
soc. 4-5-1972 n ° 71-40.066). Toutefois, l'existence d'une
cause économique de licenciement ne justifie pas nécessairement celui-ci
(Cass. soc. 19-11-1997 n° 4270) ;
- pour refus d'une mutation ne modifiant pas un élément essentiel
du contrat de travail (Cass. soc. 29-2-1984 n°
692)
- refus d'un nouvel horaire lié à la réorganisation de l'entreprise
(Cass. soc. 6-11-1980 n° 2386).
lu sur le site de
l'entreprise
Est-il possible de licencier pour motif économique
une salariée enceinte de quatre mois ?
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par Alain Sutra
mis en ligne le 22/10/2003 n° 216 octobre 2003
La réponse d'Alain Sutra, avocat spécialisé
en droit social
La loi interdit de licencier les femmes enceintes
pendant la grossesse, le congé maternité et les
quatre semaines suivantes. A titre d'exception, il peut être
mis fin au contrat jusqu'au début du congé maternité
et pendant les quatre semaines qui suivent s'il y a impossibilité
de maintenir le contrat pour un motif étranger à
la grossesse. Pour la jurisprudence, le fait qu'un emploi soit
supprimé pour un motif économique ne suffit pas
à démontrer l'impossibilité de maintenir
le contrat. Cette impossibilité
semble se limiter à quelques situations telles que la fermeture
d'un établissement ou d'un service. Il faut donc veiller
à motiver précisément la lettre de licenciement
pour la rendre indiscutable.
Rappelons que le licenciement abusif
d'une salariée enceinte est considéré comme
nul, et lui permet de demander sa réintégration.
Quant au préavis, s'il empiète sur la période
du congé maternité, il est suspendu durant ledit
congé et ne reprend que lorsqu'il s'achève.
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